JARI
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🟣 Chez JARI, on ne te parle pas de « où prendre un café » mais de où boire LE café. Celui qu'on savoure comme un grand cru — filtre, single-origin, torréfaction claire. Quatre adresses, quatre visions du café d'exception, pour celles et ceux qui prennent la tasse au sérieux.
Petit rappel : le café de spécialité, c'est un grain tracé (origine, ferme, process connus), noté et torréfié pour révéler son terroir — pas pour masquer l'amertume. Le filtre est le meilleur moyen de le comprendre. Commence par là.
L'omakase du café. Oublie le comptoir où l'on commande vite : ici, tu réserves un créneau d'environ deux heures, tu t'installes autour du bar — cinq places, pas une de plus — et c'est tout. Ni sucre, ni musique, ni gobelet à emporter, ni ordinateur : rien qui détourne de la tasse. Joachim, seul torréfacteur et barista, torréfie ultra-clair sur son Loring pour ne rien masquer du terroir, et propose une quinzaine de cafés de niveau compétition, infusés devant toi (espresso, V60, boissons lactées). Demande l'omakase — « je m'en remets à toi » : il te pose quelques questions sur tes goûts, puis déroule une progression de cafés comme un chef enchaîne les plats — origine, ferme, process, recette d'extraction, l'histoire de chaque tasse. C'est moins un café qu'un menu dégustation liquide. Le tip : réserve tôt (créneaux ouverts jusqu'à 7 jours à l'avance, ils partent vite) et viens le palais neuf, sans cigarette ni chewing-gum mentholé avant.
Le café pensé comme un grand vin. Hippolyte Courty a fondé la maison en 2008, en pionnier du café de spécialité en France, avec une obsession : hisser le café au rang des plus grands crus. Il part lui-même négocier en direct avec les producteurs, ne retient que des origines rares — au minimum bio et en agroforesterie, souvent en biodynamie, plantées en forêt — et parle terroir, parcelle et millésime comme un sommelier parle d'un domaine. La boutique de la rue du Nil est le vaisseau-mère : des cafés « purs, rares et vrais », une maison labellisée B Corp et entreprise à mission. Le tip : prends un filtre, demande la fiche de l'origine (terroir, altitude, process) et repars avec 200 g d'un grand cru à refaire chez toi.
Le repaire des puristes en bleu de travail. Née en 2013 de trois figures de la scène parisienne (David Flynn, Thomas Lehoux, Anselme Blayney), Belleville Brûlerie est l'un des torréfacteurs historiques de la vague — c'est ici que s'approvisionnent une bonne partie des bons cafés de Paris. Mais le vrai rendez-vous, c'est le samedi matin : la torréfaction ouvre au public pour un cupping, la dégustation à la cuillère selon le protocole international. On aligne les tasses, on hume, on aspire bruyamment, on compare origines et process côte à côte — la meilleure façon d'apprendre à goûter comme un pro. Le tip : réserve le cupping du samedi, et profites-en pour voir (et sentir) le torréfacteur tourner à côté.
Le bar du champion. Thomas Philips et Lola d'Harcourt ont quitté la mode de luxe pour ouvrir ce multi-roaster — et Thomas est champion de France de brewing 2025. Le principe : pas de torréfaction maison, mais une sélection tournante des meilleurs torréfacteurs du monde (Sey, Coffee Collective, Manhattan, Rose de Zürich…), servis avec des recettes calées sur sa formule de compétition. Résultat : des cafés vifs plutôt que lourds, un espresso floral, des filtres taillés pour ceux qui veulent prendre le temps. Déco atelier-moto (tôle ondulée, brique apparente), et une réputation de l'un des meilleurs d'Europe. Le tip : demande un café filtre en méthode douce (V60/Kalita) et fais-toi conseiller deux origines à comparer dans la même session.
Le torréfacteur du Marais. Ouvert en 2016 (ex-Kawa) par Alexis Gagnaire — torréfacteur et barista de compétition (3ᵉ du championnat de France AeroPress 2019, vice-champion de France de torréfaction 2021). Ici on torréfie sur place, avec des cafés sourcés en direct producteur : espresso net, filtres en extraction douce, quelques douceurs, et des baristas qui prennent le temps d'expliquer la tasse. Salle intime, peu de places — mieux vaut éviter le coup de feu. Le tip : prends un filtre single-origin, puis repars avec un sachet de grains fraîchement torréfiés.
Commence toujours par un filtre single-origin, demande le producteur et le process, et note ce que tu sens (fruits, fleurs, cacao…). Réserve pour Substance, vise le samedi pour Belleville. Un café d'exception ne se juge pas à la mousse ni au latte art, mais à ce qu'il te raconte — et à l'envie d'y revenir.